Lavages répétitifs, tri des couverts ou verifications maladives des portes, des sérrures et des interrupteurs. Ce n’est pas toujours facile de vivre avec un conjoint atteint de troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Comment l’aider et quelle attitude adopter ? Le psychiatre Jean Cottraux nous dévoile quelques pistes à explorer. Psychologies.com
Nous avons tous nos petites manies. Et nos conjoints aussi. Certains vérifient plusieurs fois la gazinière, d’autres se lavent beaucoup les mains ou ordonnent leurs stylos. Comment savoir si ces manies sont des TOC ?
Il n’y a pas de recette miracle mais quand une personne passe plus de quatre heures par jour à faire ses rituels, le quotidien devient invivable. Ce n’est plus une manie. Le conjoint doit alors encourager le malade à venir consulter. 
Certaines personnes ont tendance à demander à leur partenaire de prendre part à leurs rituels. Comment réagir ? 
Il arrive, en effet, que le malade entraîne dans son cercle de répétition et de compulsion le conjoint voire toute la famille. Parfois à travers un chantage affectif du type « si tu m’aimes, tu le feras ». Cette attitude peut rendre la vie insupportable. Je pense qu’il est préférable de ne pas entrer dans les rituels. C’est difficile mais il est nécessaire qu’à domicile quelqu’un résiste aux compulsions. Il faut immédiatement chercher une porte de sortie en allant voir un spécialiste pour trouver une solution thérapeutique. Il pourra d’ailleurs inclure le conjoint ou la famille dans la thérapie.
Comment le conjoint peut-il être impliqué dans les thérapies ? 
Dans les TCC, on donne souvent un programme de tâches dans lequel le conjoint ou la famille sont inclus. Il consiste à l’aider à résister à ses compulsions en lui montrant qu’il ne se passera rien de grave si le rituel n’est pas accompli. L’implication du conjoint, à plus ou moins grande distance, est essentielle. On peut, par exemple, dans le cadre d’une thérapie, le faire venir une fois toutes les quatre séances. Il devient souvent co thérapeute du thérapeute officiel. 
Les TOC peuvent-ils avoir un impact sur les enfants du couple ? 
Le fait d’avoir un parent atteint de TOC peut avoir un impact sur les enfants d’autant plus que certaines formes sont héréditaires. Si l’enfant commence à donner des signes importants de TOC -ce qui n’est pas systématique - on peut le confier à un pédopsychiatre.
Pour aller plus loin : 
AFTOC, l’Association Française des personnes souffrant de troubles obsessionnels compulsifs 
www.aftoc.org
Jean Cottraux, Les psychothérapies comportementales et cognitives, éditions Elsevier Masson 
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